Signé Jason C. Hill et publié en 2014, ce dungeon-crawler coopératif plonge les joueurs dans un Far West crépusculaire où horreur cosmique et ambiance western se télescopent avec une audace jouissive. Mines abandonnées, créatures venues d'ailleurs, portails dimensionnels vers des cités gelées peuplées de gardiens mécaniques : l'univers de Shadows of Brimstone mêle Lovecraft et Sergio Leone dans une proposition thématique aussi décalée qu'addictive.
Chaque joueur incarne un archétype du Grand Ouest — pistolero, shérif, serveuse de saloon — et forme avec ses complices une bande d'aventuriers prête à descendre dans les entrailles de la terre. Le plateau modulaire, entièrement généré par un système de cartes, garantit que chaque expédition emprunte un chemin différent, avec son lot d'ennemis, de trésors et de passages secrets vers d'autres dimensions. Entre deux aventures, la troupe regagne les villes frontalières pour dépenser son butin et faire progresser ses héros grâce à un arbre de compétences ramifié, propre à chaque classe. Cette boucle de campagne, portée par des jets de dés constants et des pouvoirs variables, donne au jeu une profondeur RPG rare dans le genre.
La boîte s'adresse à un public averti, à partir de 12 ans, avec une complexité franchement costaud qui récompense ceux qui acceptent de s'y investir pleinement. Une partie dure en moyenne deux heures, et le jeu s'apprécie de un à quatre joueurs — voire jusqu'à six en combinant cette boîte avec Shadows of Brimstone: Swamps of Death. C'est une expérience avant tout narrative et sensorielle, taillée pour les amateurs de soirées longues, d'ambiance immersive et de progression entre les sessions.
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