Signé Jason C. Hill et paru en 2014, Shadows of Brimstone: Swamps of Death plonge ses joueurs dans un Far West fantastique et cauchemardesque, quelque part entre le western spaghetti et l'horreur lovecraftienne. L'univers mêle mines obscures, créatures démoniaques venues d'ailleurs et portails vers des mondes étranges, dont Jargono, un marécage primitif peuplé de reptiles intelligents et de dinosaures. Un mélange aussi improbable que jubilatoire, qui tranche radicalement avec les univers médiévaux-fantastiques habituels du genre.
Chaque joueur incarne un archétype de l'Ouest américain — pistolero, homme de loi, serveuse de saloon — et la bande ainsi constituée s'enfonce dans des galeries générées aléatoirement grâce à un système de tuiles modulaires et d'un moteur de cartes particulièrement riche. Les dés sont omniprésents, les combats nerveux, et le butin abondant. Entre deux expéditions, les héros font escale dans une ville frontière pour s'équiper, soigner leurs blessures et progresser via un arbre de compétences propre à chaque classe. Grâce à ce système de campagne évolutif, chaque personnage se développe de partie en partie, renforçant l'attachement au héros et la rejouabilité de l'ensemble.
Conçu pour une à quatre personnes — six si l'on associe la boîte à Shadows of Brimstone: City of the Ancients —, le jeu convient à partir de douze ans et réserve ses meilleures heures aux amateurs de jeux experts et de dungeon crawl coopératif. Comptez entre quatre-vingt-dix minutes et trois heures par session, selon l'avancement de la campagne. L'expérience est dense, exigeante, parfois touffue dans ses règles, mais elle récompense généreusement les groupes prêts à s'y investir avec une tension narrative et une richesse tactique rarement atteintes dans le genre.
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