Signé Matt Eklund et paru en 2023, Stationfall plonge ses participants dans une station spatiale condamnée, vouée à se désintégrer lors de sa rentrée dans l'atmosphère terrestre. L'ambiance est celle d'un huis clos de science-fiction sous haute tension, peuplé d'humains, de robots et de créatures inclassables, chacun animé par ses propres objectifs, capacités et relations secrètes. Pas d'éditeur francophone à ce jour, mais le jeu a déjà su s'imposer dans la communauté internationale des joueurs exigeants.
Le cœur du titre repose sur une mécanique d'identités cachées poussée à son paroxysme : chaque joueur incarne un personnage tout en contrôlant en secret d'autres protagonistes présents sur la station, prêts à lui prêter main forte. Mais la méfiance est de mise, car ces mêmes personnages peuvent appartenir à d'autres joueurs, transformant chaque allié potentiel en traître embusqué. La gestion des points d'action, la collecte et le transport d'éléments stratégiques, et surtout la déduction progressive des intentions adverses s'entremêlent pour créer une expérience à la fois labyrinthique et jouissive. Les meilleures décisions naissent d'une lecture fine du jeu et d'une capacité à dissimuler ses propres manœuvres au sein d'un chaos savamment orchestré.
Stationfall s'adresse à des joueurs aguerris, capables d'assumer une complexité élevée et un niveau d'interaction sociale intense. Prévu pour une à neuf personnes dès douze ans, il offre des parties comprises entre une heure et deux heures trente, selon la configuration choisie. L'expérience est résolument asymétrique, tendue, parfois chaotique, et chaque partie se révèle unique grâce à la variété des personnages disponibles. Ceux qui apprécient la déduction, la bluff et les retournements de situation y trouveront un terrain de jeu particulièrement fertile et impitoyable.