Imaginé par Julian Courtland-Smith et publié dès 1982, ce grand classique de l'aventure et de la survie a traversé les décennies sans prendre une ride. Édité en français par Asmodee, il plonge les joueurs au cœur d'une catastrophe mythique : le naufrage progressif du continent perdu d'Atlante, dont les terres s'effondrent inexorablement sous les flots.
La mécanique centrale est aussi simple qu'impitoyable. L'île est constituée de quarante tuiles hexagonales qui disparaissent une à une, faisant littéralement couler le plateau au fil de la partie. Chaque joueur contrôle dix personnages, dont la valeur secrète — mémorisée en début de partie — va de un à six points. L'enjeu est double : acheminer ses explorateurs vers les îles refuges environnantes, à la nage ou à bord de fragiles embarcations, tout en sabotant discrètement les efforts des adversaires. Car la mer n'est pas vide : serpents de mer, baleines et requins rôdent et peuvent dévorer les naufragés au moment le moins opportun. Retourner une tuile pour déclencher une catastrophe au bon endroit relève autant du calcul que de la roublardise.
Accessible dès huit ans et jouable à deux, trois ou quatre participants, une partie s'achève généralement en quarante-cinq minutes à une heure, ce qui en fait une excellente option pour les soirées en famille ou entre amis. L'expérience mêle tension, mémorisation et coups bas assumés dans une atmosphère de joyeux chaos nautique. La faible complexité des règles ne doit pas faire illusion : les émotions, elles, sont bien réelles — crises de rires et cris de trahison garantis. Avec une note de 7,3 sur 10 et un classement parmi les quatre cents meilleurs jeux du monde, sa réputation n'est plus à faire.
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