Imaginé par Antoine Bauza et édité en France par Bombyx, ce jeu sorti en 2011 nous plonge dans un Japon impérial féerique et tout en douceur. L'histoire démarre avec un cadeau diplomatique inattendu : un panda géant offert par l'Empereur de Chine à la cour japonaise. Depuis lors, les courtisans doivent veiller conjointement sur le précieux animal et sur le jardin de bambous qui lui sert de garde-manger.
Sur le plateau, chaque joueur dispose d'un certain nombre de points d'action à répartir chaque tour entre différentes activités : poser de nouvelles parcelles de terrain, creuser des canaux d'irrigation, faire pousser les tiges de bambou — vertes, jaunes ou roses — grâce au jardinier impérial, ou encore déplacer le panda pour qu'il grignote quelques pousses bien tendres. L'originalité du jeu réside dans la tension permanente entre cultiver son jardin et nourrir l'animal : ce que le jardinier fait pousser avec soin, le panda peut le dévorer en un tour. Des objectifs secrets, tirés sous forme de contrats, guident les ambitions de chacun et orientent les stratégies de manière subtile sans jamais alourdir le jeu.
Accessible dès huit ans, Takenoko accueille de deux à quatre joueurs pour des parties d'environ quarante-cinq minutes, ce qui en fait une valeur sûre pour les soirées en famille ou en groupe de joueurs occasionnels. Son niveau de complexité volontairement mesuré n'enlève rien à la profondeur tactique : anticiper les mouvements du panda et bloquer les objectifs adverses apporte une vraie satisfaction. La direction artistique soignée — avec ses jolies illustrations et son panda en figurine — achève de faire de ce titre un incontournable des ludothèques familiales, régulièrement cité parmi les meilleures portes d'entrée dans l'univers du jeu moderne.