Signé Brandon Tibbetts et publié en 2012, The Manhattan Project plonge les joueurs au cœur de la Guerre froide naissante, dans une course effrénée à la suprématie nucléaire. Chaque participant incarne le dirigeant du programme armement atomique d'une grande nation, avec pour ambition de concevoir les bombes les plus puissantes avant ses rivaux. Distribué en France par Asmodee, le titre s'est imposé comme une référence solide dans le genre des jeux de gestion compétitive.
Le cœur du jeu repose sur un placement d'ouvriers revisité de manière astucieuse : il n'existe ni tours de jeu formels ni phase d'administration en fin de manche. Chaque joueur décide librement du moment où il rappelle ses travailleurs, ce qui génère une tension permanente et des choix cornéliens. On développe ses infrastructures, on affecte ses ingénieurs et scientifiques à la construction d'installations, on déploie son aviation pour frapper les sites adverses, et surtout, on envoie ses espions infiltrer les programmes ennemis — une mécanique d'espionnage qui permet à la fois de voler des technologies et de saboter les capacités de production rivales. L'information reste largement ouverte, ce qui fait de la lecture du jeu adverse une compétence décisive ; la chance, elle, est réduite au strict minimum.
Destiné à deux à cinq joueurs à partir de treize ans, The Manhattan Project offre des parties d'environ deux heures, rythmées et rarement monotones grâce à la liberté d'action permanente. Son niveau de complexité intermédiaire le rend accessible aux joueurs habitués aux jeux de stratégie sans pour autant rebuter les néophytes motivés. L'expérience est résolument compétitive, parfois tendue, avec une belle dose d'interaction directe. Un excellent choix pour les amateurs de jeux économiques qui apprécient la profondeur tactique sans s'embarrasser de règles laborieuses.