Fruit de la collaboration entre Simone Luciani et Daniele Tascini, deux designers italiens dont le tandem allait s'imposer comme une référence dans le monde ludique, ce jeu de civilisation maya a conquis les amateurs de stratégie avancée dès sa sortie en 2012. Édité en français par Iello, il plonge les joueurs dans un univers précolombien fascinant, où chaque tribu cherche à s'imposer à travers l'agriculture, le commerce, la religion et l'architecture. L'esthétique du matériel, dominée par d'impressionnantes roues dentées en plastique, contribue autant que la mécanique à en faire une expérience immédiatement mémorable.
Le cœur du jeu repose sur un placement d'ouvriers dynamique, concept alors inédit : les travailleurs ne sont pas posés sur des cases fixes, mais sur d'immenses engrenages interconnectés qui tournent à chaque tour. Plus un ouvrier reste longtemps sur une roue, plus l'action qu'il déclenchera à sa récupération sera puissante. Tout l'enjeu consiste à anticiper la rotation des rouages, à doser le maïs — monnaie du jeu — pour placer ses travailleurs au bon moment, et à ne jamais se retrouver pris de court, car impossible de passer son tour si tous ses ouvriers sont déjà en jeu. La partie s'achève après une révolution complète du grand engrenage central, le Tzolk'in, et les voies vers la victoire sont multiples : construire des temples, satisfaire les dieux, aménager des monuments… chaque stratégie mérite d'être explorée.
Conçu pour deux à quatre joueurs à partir de treize ans, il offre des parties d'environ quatre-vingt-dix minutes qui ne laissent aucune place à l'improvisation. C'est un jeu taillé pour les gamers aguerris, amateurs de planification à long terme et de tension permanente — chaque décision prise trop tôt ou trop tard peut tout faire basculer. Son score remarquable dans les classements internationaux confirme son statut de grand classique de la décennie 2010.
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