Imaginé par le designer tchèque Vladimír Suchý et publié en 2018, ce jeu de construction de cité nous plonge littéralement dans les profondeurs marines. La Terre suffoque sous le poids de sa surpopulation, et les plus grands esprits de l'humanité ont été mandatés pour une mission colossale : concevoir et développer des cités sous-marines viables, capables d'accueillir les générations futures. Un prétexte thématique fort qui donne à chaque décision un parfum d'urgence et d'exploration.
Le cœur du jeu repose sur un mécanisme de placement de cartes d'une élégance redoutable. Le plateau principal est bordé d'emplacements colorés, et les joueurs y disposent leurs cartes en cherchant à aligner les couleurs pour déclencher simultanément l'action du plateau et l'avantage de la carte jouée. Cette double activation crée une tension permanente entre opportunisme et planification. Avec près de 220 cartes réparties en cinq types distincts, la richesse combinatoire est vertigineuse. À chaque tour, il s'agit de gérer ses ressources, d'étendre son réseau de dômes et de tunnels, d'ériger des bâtiments de production — fermes, laboratoires, unités de dessalement — et de manœuvrer habilement sur la piste d'initiative pour influencer l'ordre du tour suivant. Les plateaux personnels sont réversibles, offrant encore davantage de variété et de rejouabilité.
Underwater Cities s'adresse à un public de joueurs confirmés, à l'aise avec les jeux de gestion dense et les stratégies à long terme. La partie accueille de un à quatre joueurs dès douze ans, pour une durée oscillant entre quatre-vingts minutes et deux heures et demie selon la configuration. Le mode solo, pleinement intégré, est une vraie réussite. Classé parmi les cinquante meilleurs jeux du monde sur les principales références du genre, c'est un titre exigeant mais profondément satisfaisant, qui récompense généreusement ceux qui savent lire plusieurs coups à l'avance.