Derrière Weather Machine se cache Vital Lacerda, l'un des auteurs les plus redoutés du jeu de société expert, connu pour des œuvres denses et implacables comme Lisboa ou On Mars. Publié en 2022, ce titre plonge les joueurs dans un univers de science-fiction teintée d'urgence climatique : le Professeur Séni Lativ, responsable d'un projet de manipulation météorologique chez Lightning Technologies, a mis au point une machine censée éradiquer les catastrophes naturelles. Promesse séduisante — mais aux conséquences bien plus complexes qu'anticipé.
Chaque joueur incarne un scientifique de l'équipe du professeur, chargé d'intervenir sur les conditions météorologiques locales : ajuster les précipitations pour l'agriculture, garantir un ciel dégagé pour les énergies renouvelables, ou moduler les températures pour les stations balnéaires. La mécanique centrale s'articule autour du placement d'ouvriers couplé à des points d'action et à de la collecte d'ensembles, le tout sur un plateau de tuiles évolutif. L'originalité troublante du jeu réside dans son « effet papillon » : chaque utilisation de la machine améliore les conditions d'un territoire... mais perturbe celles d'un autre, forçant les joueurs à raisonner à l'échelle planétaire plutôt que dans leur seul coin d'intérêt.
Conçu pour deux à quatre participants à partir de 14 ans, Weather Machine réclame entre une heure et deux heures et demie de jeu selon la configuration — un rythme qui reflète fidèlement sa densité stratégique hors du commun, affichant l'une des complexités les plus élevées du marché. Il s'adresse sans détour aux amateurs de jeux experts, ceux qui apprécient les systèmes enchevêtrés, les décisions cornéliennes et les parties où chaque action compte. À noter que le mode solo n'est pas inclus dans la boîte de base et nécessite l'acquisition d'un pack d'extension séparé.