Signé par le prolifique Reiner Knizia en collaboration avec Martino Chiacchiera, Witchstone plonge les joueurs dans un univers de sorcellerie et de magie ancienne. Autour d'une mystérieuse pierre sacrée, les représentants de guildes rivales cherchent à canaliser des énergies mystiques pour asseoir leur domination. Sorti en 2021, ce jeu de stratégie à thème fantastique parvient à habiller d'une atmosphère ésotérique soignée un système mécanique particulièrement bien huilé.
Le cœur du jeu repose sur le chaudron personnel de chaque joueur. À son tour, chaque participant y pose un domino à faces hexagonales — pigé parmi cinq disponibles en draft ouvert —, puis déclenche les actions correspondant aux icônes magiques représentées. Le véritable génie du système tient au principe de cluster : plus les icônes identiques s'accumulent en réseau sur le chaudron, plus l'action associée se répète et s'amplifie. On construit ainsi un réseau d'énergie sur le plateau commun, on déplace ses sorcières, on progresse sur une baguette magique ou un pentagramme, et l'on convoite des parchemins de prophéties pour engranger des points en fin de partie. En onze tours seulement, une même action peut se transformer en véritable cascade d'effets, offrant des parties denses et très satisfaisantes.
Accessible dès 12 ans et d'une complexité modérée, Witchstone convient parfaitement aux joueurs intermédiaires en quête d'un jeu familial expert, alliant stratégie, planification et une belle part d'opportunisme. Pour deux à quatre participants, une partie se conclut en soixante à quatre-vingt-dix minutes environ, un format idéal pour une soirée jeux. Si l'on retrouve la patte rigoureuse et élégante de Knizia dans la construction du moteur de jeu, la richesse des voies de scoring et l'interaction subtile entre les joueurs garantissent une rejouabilité remarquable.