Signé par le duo Marco Canetta et Stefania Niccolini, et distribué en France par Asmodee, ce jeu de stratégie plonge les joueurs dans la Chine antique, aux alentours du IIIe siècle avant notre ère. L'époque est celle de la formidable unification accomplie par Ying Zheng, roi de Qin, qui allait devenir le premier empereurde l'histoire chinoise sous le titre de Qin Shi Huang Di. Pour asseoir son pouvoir, il lui fallut harmoniser l'écriture, les lois, la monnaie, les mesures — et surtout repousser les redoutables barbares Xiongnu en érigeant l'une des constructions les plus ambitieuses de l'humanité : la Grande Muraille.
Chaque joueur incarne l'un des émissaires de l'empereur, chargé de contribuer à cette épopée unificatrice au fil de cinq rounds. Le cœur du jeu repose sur une gestion de main d'une subtilité redoutable : chaque carte peut être jouée soit sur son propre plateau individuel pour développer son influence personnelle, soit sur le plateau central pour recruter de la main-d'œuvre, bâtir les infrastructures voulues par l'empereur ou déplacer des armées d'un royaume à l'autre. Ce dilemme permanent — servir ses propres ambitions ou œuvrer pour la cause impériale — crée une tension constante. Attention cependant à ne pas trop exploiter le peuple : une insatisfaction trop grande risque de déclencher des soulèvements qui pourraient ruiner les meilleures stratégies.
ZhanGuo s'adresse clairement aux amateurs de jeux experts, capables d'absorber une mécanique dense et d'anticiper plusieurs coups à l'avance. Jouable de deux à quatre participants à partir de douze ans, une partie dure généralement entre une et deux heures. L'expérience est tendue, cérébrale, portée par une thématique historique riche et cohérente avec ses mécaniques. Un titre idéal pour les tables qui cherchent un défi stratégique sérieux, loin des jeux grand public.