Maître incontesté du jeu de négociation, Reiner Knizia revisite ici l'un de ses titres cultes, Quo Vadis?, pour en offrir une version modernisée et enrichie. Zoo Vadis transpose l'intrigue politique dans un zoo où les animaux eux-mêmes se disputent la célébrité, briguant la convoitée position de Mascotte officielle. L'illustration signée Kwanchai Moriya et Brigette Indelicato habille l'ensemble d'une direction artistique haute en couleur, tandis que les figurines d'animaux en plastique épais confèrent une présence ludique indéniable sur la table.
Le cœur du jeu repose sur une négociation politique impitoyable : chaque joueur incarne une espèce animale qui doit gravir la hiérarchie des enclos, en obtenant à chaque étape la majorité des voix des autres animaux présents. Pour convaincre, on promet, on marchande, on trahit — et on distribue des lauriers, ces précieux points de victoire souvent dissimulés derrière l'écran de son joueur. Des paons neutres et soudoyables pimentent les parties à faible effectif, des capacités asymétriques propres à chaque animal ouvrent de nouvelles combinaisons tactiques, et un second plateau de jeu accueille les tablées de six ou sept personnes. La partie s'arrête net dès que l'enclos vedette est complet : seuls les animaux qui y ont accédé peuvent prétendre à la victoire, et le décompte final des lauriers désigne le grand gagnant.
Accessible dès dix ans grâce à une complexité mesurée, Zoo Vadis se joue de trois à sept participants pour des parties de vingt à quarante minutes — une durée idéale qui laisse rarement les joueurs sur leur faim. Il s'adresse aussi bien aux familles cherchant un jeu de société animé qu'aux amateurs de négociation assumée, friands d'alliances éphémères et de coups bas déguisés en sourires. Une expérience d'ambiance et de diplomatie légère, où chaque promesse n'engage... que celui qui y croit.